En marche vers...

L'Himalaya

à bout de souffle

Voyage sur les toits du Monde

Népal

Mars Juin 2017

500 km à pied 

Extrait du carnet de voyage

10.05.17 : Pumori - EBC - Dzongla. 9h30 - 17km. 100 +

J’étais au Népal pour se bivouac, 5800m, étoiles et full moon sur l’Everest, sunset… il n’en sera rien ! Nuage ! Déçu, Déçu et Déçu, je plis le camp et descends, dangereusement, sans visu ! Je me guide uniquement aux bruits du base camp et des casseroles. Continuez de faire votre vaisselle… 

Petit passage chez Everest Green, puis départ Down ! Actuellement la pire journée du trek, 1h de sommeil, le cerveau dans un étau, le ventre en vrac, la descente est looongue, trop longue, je n’avance pas, faible et fatigué. Que se passe t’il ? Mon corps sature t’il des 35 jours de marches  et de bivouacs déjà inscrit dans mon carnet ? Moi qui d’habitude englouti les dénivelés positifs sans soucis, voilà que la descente est impossible. Les derniers kilomètres sont les pires, je ne vois rien à cause des nuages, pourtant les lodges sont là. Je compte les pas, regarde sans cesse mon gps. Mauvais reflex, je le sais, mais je le fais quand même. 10 min de marche, 5 de pause, je me perds et marche à travers nul part ! Il me faudra plus de 45 minutes pour faire 1km… pourtant plat ! La lodge est là, je commande immédiatement à manger puis au lit. 19h30, je dors, une avalanche ne me réveillerait pas ! Sale journée ! =( Demain, repos, j’irais à la rivière me laver et faire ma lessive.

Moi qui ai grandi le long de la côte Atlantique, qu’est ce que je connaissais de la montagne ? Pas grand chose, si ce n’ai la règle numéro un : Face à elle rester humble et respectueux ! Avalanche, éboulement, tempête sur tempête, hypothermie, mal des montagnes, pendant 3 mois j’ai poussais mes limites physiques au bout, enchainant les nuits blanches, pris dans les orages sous ma vulgaire toile de tente, mais heureux d’être là, à contempler chaque soir le paysage grandiose que peut offrir cette région du globe.  Plus de 500km de marche sur les toits du Monde.

Aujourd’hui, à ma manière de routard blédard ; je parcours l’Himalaya, émerveillé chaque jours par la splendeur de ces montagnes mais aussi de leur hostilité, aussi effrayantes qu’attirantes. Jours après jours en m’en rapprochant, la vue de ces pics rocheux remplissaient mes journées d’une émotion intense.

La montagne me rend sauvage. Si grande, si imposante, qu'elle m’en enlève la voix. Je passe le plus clair de mon temps seul, la tête dans les nuages, l’esprit happé par le splendeur du paysage. Je calque mon rythme sur celui du soleil, lève le camp très tôt et dans les portions plus touristiques, je ne croise que les porteurs. Seul quelques arrêts ravitaillements dans des lodges m’aident à me socialiser. Mais sur les toits du Monde, je préfère être seul, la marche est ma méditation, je suis avec moi même, perdu dans mes pensées. Mes jambes me portent toutes seules, si bien que je ne vois pas le temps passer. Epanouie et aveuglé par ce paysage si grandiose, j’ai pris dès mon premier jour de trek plus de 2200 m d’altitude, là où 700 sont recommandé, m’obligeant à plier mon camp de nuit et à redescendre la montagne pour éviter un grave mal des montagnes. Je marchais 8 à 10, voir 12h par jour, je n’en dormais même pas la moitié. Tempêtes de grêles, sur tempêtes de neiges, orages, tonnerres, glissement de terrain, -20°c, le gel déchire ma tente, le vent l’arrache, stressé, un peu effrayé quand le grondement des avalanches ou du tonnerre résonnent dans la vallée pendant de très longue secondes, pourtant, tout les matins, c’est rempli d’allégresse que j’ouvre le zip de ma tente et admire les premiers rayons de soleil sur ce paysage féérique !  Les lèvres gercées, rien n’enlève mon sourire. 

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